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Langues locales au Bénin : un pilier essentiel de la cohésion sociale.

9 avril 2026

9 avril 2026

Langues locales au Bénin : un pilier essentiel de la cohésion sociale.

Langues locales au Bénin : un pilier essentiel de la cohésion sociale.

Au Bénin, les langues locales sont bien plus que de simples moyens de communication. Elles portent l'histoire, les traditions et l'identité des communautés. À travers elles, les populations échangent, transmettent leurs savoirs et expriment leur vision du monde.

Dans un pays où cohabitent plusieurs dizaines de groupes linguistiques, la langue joue un rôle central dans la cohésion sociale. Se comprendre, dialoguer et construire ensemble commencent toujours par le langage.

Le Bénin figure parmi les pays les plus riches de l’Afrique de l'Ouest sur le plan linguistique. Selon les données du Recensement général de la population de 2013, le pays compte plus de 68 langues et dialectes. Si le français demeure la langue officielle, il n'est souvent utilisé qu'en seconde langue par une grande partie de la population. Le fon, le yoruba et le yom bénéficient d'ailleurs du statut de langues nationales.

Dans un contexte où une part importante de la population n'est pas alphabétisée en français, les langues nationales deviennent incontournables. En 2021, lors de la Journée internationale de l'alphabétisation, Coffi Charles Codjia, alors Directeur national de l'Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales, rappelait que près de 51 % des Béninois étaient en situation d'analphabétisme. Une réalité qui confirme que la langue est indispensable dans le processus de développement de notre société. 

Notre pays étant marqué par une grande diversité linguistique, leur valorisation renforce le sentiment d'appartenance nationale. Lorsqu'un citoyen peut s'informer, apprendre ou échanger dans sa langue maternelle, il se sent pleinement inclus dans la vie collective.

Cyrille HOUESSOU est le coordonnateur communal d'Alphabétisation dans la commune de Dogbo, il nous a laissé son avis sur la nécessité des langues locales dans la promotion de la cohésion sociale. Selon lui, la langue étant un ensemble des signes et des codes choisis par une communauté pour communiquer et s'entendre. Elle devient ainsi indispensable dans la promotion de la cohésion dans une société. Pour renchérir, il ajoute qu’au Bénin, chaque communauté se bat pour la promotion de sa langue. Ce qui se traduit aujourd'hui au sein de certaines religions ou la Bible est traduite dans plusieurs langues locales telles que le Adjagbé, fongbé, sahouè, Ditamari et bien d’autres...

Au cours d’un forum scientifique sur l’éducation au Sénégal, le professeur Mbacké Diagne a affirmé que « si l'école parle la même langue que le milieu de l'enfant, que sa famille, ça facilite la relation école-famille, école-parents et même les parents peuvent être mis à contribution pour la continuation des apprentissages à la maison ».

Pour lui, les langues locales jouent également un rôle clé dans la transmission des savoirs traditionnels. Sur le plan social, elles facilitent le dialogue entre les générations et favorisent la participation citoyenne, notamment dans les campagnes de sensibilisation, les programmes de santé publique ou les initiatives de développement communautaire.

Dans le contexte béninois, promouvoir les langues nationales contribue aussi à réduire les barrières liées à l'usage exclusif du français, particulièrement en milieu rural. Cela renforce l'accès à l'information, à l'éducation et aux services publics.

Enfin, la reconnaissance des langues locales constitue un levier puissant pour consolider l'unité nationale. Un pays qui valorise toutes ses langues valorise aussi toutes ses composantes humaines.

Ainsi, les langues locales sont et demeureront un pilier de la cohésion sociale, de l'inclusion et du développement durable.

 

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