Fake news au Bénin : voici les raisons pour lesquelles le fact-checking doit devenir un réflexe !
5 avril 2026
Fake news au Bénin : voici les raisons pour lesquelles le fact-checking doit devenir un réflexe !
À l'heure où les informations circulent à une vitesse fulgurante grâce à l’internet, apprendre à vérifier ce que l'on lit, voit ou entend est devenu indispensable, surtout au Bénin.
Le fact-checking, ou vérification des faits, n'a rien de compliqué. C'est une méthode qui consiste à s'assurer qu'une information est vraie avant de la croire ou de la partager. En clair, il s'agit de se poser quelques questions simples : d'où vient cette information, qui l'a publiée, à quel moment et dans quel contexte ?
Chaque jour, les réseaux sociaux déversent une quantité impressionnante de contenus. Certains sont fiables, d'autres beaucoup moins. Sans les bons réflexes, une simple rumeur peut rapidement créer la panique, alimenter des tensions ou influencer des décisions importantes.
Aujourd'hui, avec un smartphone et une connexion internet, tout le monde peut produire et partager de l'information. Vérifier les faits ne doit donc plus être uniquement l'affaire des journalistes. C'est une responsabilité collective.
Dans les zones rurales, où la maîtrise du numérique reste parfois limitée, les conséquences peuvent être encore plus lourdes. En août 2024, une vidéo devenue virale affirmait qu'un gorille avait attaqué un cultivateur à Djakotomey, dans le Couffo. La panique s'est rapidement installée. Certains agriculteurs ont même évité leurs champs, craignant pour leur sécurité.
Quelques jours plus tard, plusieurs médias béninois, dont Le Potentiel, ont vérifié l'information. Verdict : la scène s'était en réalité déroulée au Cameroun, pas au Bénin. Des démentis ont ensuite été diffusés, notamment en langues locales, pour rassurer les populations. Cet épisode montre à quel point quelques notions de base en fact-checking peuvent éviter bien des dégâts.
Pour Emmanuel Codjo, expert en fact-checking chez Vérif'All, il est essentiel de sensibiliser les populations dès le plus jeune âge. « Avec la démocratisation d'internet, nous recevons des informations de partout : réseaux sociaux, médias, discussions entre amis. Dans ce flot, beaucoup de contenus sont faux ou manipulés. » Selon lui, connaître les bases permet de développer un regard critique. « Vérifier qui parle, croiser les sources, se demander si une information paraît cohérente : ce sont des réflexes qui rendent les citoyens moins vulnérables aux manipulations. », ajoute-il.
Ces compétences contribuent aussi à préserver la confiance envers les médias et à renforcer l'autonomie des communautés face à la désinformation.
Au Bénin, l'enjeu est particulièrement important pendant les périodes électorales, les crises sanitaires ou lorsqu'il est question de sécurité. Une fausse information peut avoir des conséquences immédiates sur le terrain.
Les jeunes, les personnes peu à l'aise avec le numérique et les communautés rurales restent les plus exposés. D'où l'urgence de multiplier les actions de sensibilisation.
Toujours selon le journaliste, Emmanuel Codjo, enseigner les bases du fact-checking revient à offrir aux citoyens une véritable protection contre la désinformation. C'est un vaccin intellectuel. Une société bien informée est une société plus forte, plus résiliente et moins facile à manipuler, dit-il.
Au fond, le fact-checking ne sert pas seulement à combattre les fake news. Il permet aussi de former des citoyens plus responsables, capables de participer activement au débat public et de contribuer à une société plus stable.
Gloria TCHIDIME.